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Sociétés de trading / Création du Comité chargé du suivi des remboursements des fonds : Un autre somnifère pour endormir les adhérents ?

Sociétés de trading / Création du Comité chargé du suivi des remboursements des fonds : Un autre somnifère pour endormir les adhérents ?
Publié le : 30/07/2021 commentaire(s) (0)

Plus de trois mois après avoir mis un terme aux activités jugées illicites des sociétés de trading au Togo, le ministre de l’Economie et des Finances, Sani Yaya, annonce des démarches pour le remboursement des fonds des malheureux adhérents. Il  a signé le 19 juillet 2021 un arrêté créant un « comité chargé du suivi des remboursements des fonds collectés par les structures exerçant illégalement les activités monétaires et financières ».             

Ce comité ad hoc présidé par le secrétaire général du ministère est composé des représentants de la direction générale des études et analyses économiques, de la direction générale du trésor et de la comptabilité publique, de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), de l’Inspection générale des finances, de la cellule d’appui et de suivi des institutions de microfinance, d’épargne et de crédit (CAS-IMEC), et de la Cellule juridique du ministère de l’Economie et des finances.
           

Il est chargé selon les termes du ministre Sani Yaya « d’organiser des rencontres avec les responsables des structures concernées, à effectuer des missions de vérification de ces structures, évaluer leur situation financière et leur patrimoine, et arrêter les modalités de remboursement des fonds collectés «.
           

Cette décision du gouvernement qui devrait réjouir les épargnants qui réclament depuis la fermeture de ces sociétés à travers des plateformes et des mouvements d’humeurs le remboursement de leur sou, ne semble pas au contraire rassurer véritablement ces derniers.

En effet, face aux dilatoires des premiers responsables de ces sociétés de trading fermées, qui n’arrivent pas jusqu’à ce jour à rembourser les sous de leurs adhérents contrairement à ce qu’ils avaient fait croire au début à l’opinion nationale et internationale, plusieurs initiatives de revendications se font de plus en plus entendre. Ils sont nombreux, ces Togolais de tous rangs à avoir contracter des prêts à hauteur des dizaines de mille et de millions de nos francs auprès des banques et qu’ils ont placés dans ces sociétés de trading en vue de gagner gros. Pour récupérer du moins le capital, ces Togolais ont entrepris depuis quelques semaines des manifestations publiques et des sorties médiatiques d’une part, pour faire pression sur les directeurs de ces sociétés et d’autre part, pour solliciter l’intervention de l’État togolais.

Ces initiatives qui menacent la paix sociale et la stabilité nationale ont fait sortir le gouvernement de son silence. Une sortie qui suscite malheureusement des interrogations et des inquiétudes sur l’atteinte réelle des objectifs du comité mis en place. Pour nombre des Togolais, ce comité chargé du suivi des remboursements des fonds collectés par les structures exerçant illégalement, vise tout simplement à endormir les malheureux épargnants dans leur élan de revendications.

Ce scepticisme est dû aux nombreux échecs des comités déjà mis en place par le gouvernement dans des cas similaires par le passé. L’issue infructueuse des comités gouvernementaux de remboursement des fonds dans les cas notamment du IDH -togo, Redémare, Christex, Carus-Togo, Lumen, etc, ne rassurent guère aujourd’hui les victimes.   « Il appartient aux responsables de Redémare de trouver les ressources pour le remboursement des adhérents. Il y a une commission qui a été mise en place pour évaluer les avoirs de la société, ses biens seront vendus et c’est tout le revenu qui sera remboursé aux adhérents » avait indiqué en 2010, le ministre de l’Economie et des Finances d’alors, Adji Otèth Ayassor au sujet de la fermeture du Rédémare.

Or généralement les épargnes sont mille fois plus grand que les biens et les avoirs ou actifs de ces sociétés de trading. Et la fin désagréable de cette tentative remboursement des adhérents de Redémare, Christex, Carus-Togo et autres, tout le monde la connait. Cependant une issue heureuse ne serait-il permis cette fois-ci avec le comité du ministre Sani Yaya, grâce à la politique de «gouverner autrement» de la cheffe du gouvernement Mme Victoire Tomégah dogbé? Wait and seat.
  Pour rappel, les sociétés de trading suivantes : Global Trade Corporation, de Cacespic-IF, Prosperity Investment Corporation, Société de négoce et courtage en banque (SNCB), Leader Bureau Chymall-Sairui groupe Togo, Alliance in Motion Global, City Century Heng Hue, QNET, J-Global Capital International, Tiens, Timex Trading, Aladin Groupe, PetronPay Togo, Black Empire, High Life, Global Building Investment and Trade et Global Investment Trading (Liyerplimal), étaient sonmmées de fermer leurs portes depuis le 26 mars 2021 par  un communiqué signé par le ministre Sani Yaya. 

Il était reproché à ces structures d’opérer dans l’illégalité. Ces structures, avait-il indiqué, exercent « en toute illégalité et ne sont pas autorisées à collecter des fonds auprès du public contre des titres de capital ou de placement. Elles proposent des gains mirobolants et flatteurs pour susciter l’engouement de la population à ces produits, l’exposant ainsi à un risque élevé de perte de l’épargne constituée durant tant d’années d’efforts ».
 

Daniel A.

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