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Rapport sur la corruption au Togo: Qu’est ce qui grippe la HAPLUCIA ?

Rapport sur la corruption au Togo: Qu’est ce qui grippe la HAPLUCIA ?
Publié le : 25/08/2020 commentaire(s) (0)

Le rapport publié par  la HAPLUCIA, il plus d’une semaine, indique que le Togo qui perd chaque année, 10 milliards de nos francs du fait de la corruption ne manque pas de susciter des réactions plus ou moins épidermiques à l’encontre de l’institution présidée par M. WIYAO Essohana. Et pour cause,  de l’avis de nombreux togolais, la HAPLUCIA n’arrive pas à combler les attentes par rapport  à la mission qui lui est dévolue, à savoir, la traque des fossoyeurs de l’économie nationale et autres infractions assimilées. Pour redresser le tir cette institution doit aller au-delà de simples publications de rapports qui laissent sur la soif pour des actions beaucoup plus consistantes  susceptibles de faire renaitre la confiance avec les Togolais.             

Chaque année, le montant de la somme que perd  le Togo du fait de la corruption selon la HAPLUCIA, oscille autour de dix milliards de F CFA. L’institution relève que les structures les plus corrompues sont, la douane et les impôts incarnés par l’OTR, la gendarmerie nationale, la police nationale. Aux yeux de la HAPLUCIA, les corrupteurs ne sont autres que les riches, les ministres et les préfets.
           

Ce rapport qui suscite tant de désapprobations au sein des populations donnent raison aux nombreux togolais qui pensent que l’institution présidée par M. WIYAO Essohana n’est autre qu’un machin destiné à divertir l’opinion de l’essentiel. Comment peut-il en être autrement quand on considère que depuis sa création,  aucun détourneur de deniers publics par exemple ne se retrouve à ce jour derrière les barreaux suite aux travaux de cette institution ?
  
          
Ceux qui avaient applaudi la création de la HAPLUCIA à l’idée qu’elle aiderait Faure Gnassingbé à nettoyer les écuries, finissent par se raviser : cette institution ne diffère en rien de celles mises en place par l’Etat, de par le passé, chargées de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite notamment  au Togo. Leur efficacité, elles ne la tirent que de leur propension à traquer les menus fretins tout en laissant libre cours aux gros poissons de magouiller en rond. Le cas de la Commission Anti-corruption créée par  feu Gal Eyadema Gnassingbé,  en est une illustration vibrante.
           

Certes personne ne demande à la HAPLUCIA de livrer à la prison civile de Lomé, des corrupteurs, des corrompus et autres détourneurs de deniers publics si cette pratique ne relève pas de ses prérogatives. Ce qui est attendu de lui c’est de plancher, dans les mesures de ces compétences, sur ces cas et de rendre compte au peuple. Il y a plusieurs mois, cette institution a déclaré avoir transmis des dossiers à la justice afférents à des cas de détournement. Depuis, rien ne filtre par rapport au traitement de ces dossiers et à leur avancement. Tout porte à croire que rien n’est initié par la HAPLUCIA en vue du suivi des dossiers qu’elle transmet à la justice. Autrement le rapport qu’elle vient de publier en ferait cas et situerait les Togolais sur les blocages éventuels.
           

Ce temps que met la justice pour débrouiller le premier paquet de dossiers à elle transmis par la HAPLUCIA, ouvre largement la voie aux  délinquants  en costume cravate, de ratisser large et profond pour le grand malheur  du pays. Dans un contexte où les populations tirent farouchement le diable par la queue, la pratique s’apparente à une forme de culture de l’impunité qui remet dangereusement en cause le travail de la HAPLUCIA.
           

Aujourd’hui, les dossiers abondent sur lesquels les Togolais voudraient voir cette institution plancher. Ils sont entre autres, liés au détournement  des fonds de la CAN 2017, du contournement de la faille d’Alédjo, de l’ancienne SOTOCO et…du ‘’Pétrolegate’’. Le silence assourdissant entretenu autour de ces dossiers doit être brisé.  Les Togolais doivent savoir tout sur la manière dont les deniers publics sont si allègrement siphonnés par des délinquants haut de gamme aux entrées faciles jusqu’au cœur de l’appareil de l’Etat, comme l’indique l’étude de l’INSEED. Ils attendent impatiemment de les voir répondre de leurs actes devant les tribunaux.
           
Lorsque le président  Faure Gnassingbé affirmait il y a quelques années  qu’au Togo, une minorité accapare la majorité des ressources au détriment de la majorité, de nombreux togolais avaient applaudi à l’idée que l’heure avait sonné pour l’éradication dans notre pays de ce phénomène qui entrave le développement du Togo. Mais des années durant, suite à ce constat amer du Chef de l’Etat, la pratique décrit plutôt une ascension vertigineuse en dépit de la création de la HAPLUCIA pour atteindre de nos jours ce que d’aucuns appellent un point de non-retour.
           

Alors, qu’est ce qui grippe tant la machine ? Pourquoi la HAPLUCIA fait-elle montre d’un tel manque d’enthousiasme  dans l’exécution de sa mission ?
           

Il n’y a pas longtemps, dans le cadre de la commémoration de la journée dédiée à la lutte contre la corruption, le président de la HAPLUCIA déclarait  attendre de Faure Gnassingbé un discours devant renforcer davantage son institution dans le fonctionnement. Si une telle déclaration n’est pas un aveu d’impuissance et d’incapacité, elle lui ressemble. Comment un responsable à qui des pouvoirs les plus étendus sont dévolus aux fins de traquer ceux qui mettent à mal l’économie nationale puisse-t-il  attendre du Chef de l’Etat un autre discours avant de se mettre en branle comme il se doit ? Que la déclaration du Chef de l’Etat, tant attendu ne vienne pas plutôt l’emporter lui et son équipe.
 

ADK

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