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Qui était feu Paulin Makpao Pwinipihè BELEI dit Adja ?

Qui était feu Paulin Makpao Pwinipihè BELEI dit Adja ?
Publié le : 11/02/2022 commentaire(s) (0)

Quatorze mois après son rappel à Dieu, les funérailles du feu capitaine Paulin Makpao Pwinipihè BELEI dit Adja, Lalawélé,TTA, Gnadinlaba se tient du 18 au 20 février 2022 à Tchitchao dans le strict respect de mesures barrières prises par le gouvernement pour lutter efficacement contre la pandémie du coronavirus. A cette occasion, découvrons l’homme à travers l’oraison funèbre lui dédié par sa famille le jour de son enterrement.

Paulin Makpao Pwinèphè BELEI est né vers 1937  à Tchitchao, de BELEI Daou Yougouli et de Samah Baya. Depuis sa jeunesse, il fit preuve de discipline, d’abnégation et de bravoure dans sa communauté à l’occasion des rites initiatiques (Evala, Kondona), des travaux communautaires, de la chasse etc. Il célébra le mariage à l’église Sacré-cœur de Yadè avec feu Catherine Naka Mangoumandi ASSOTI.

De ce mariage naîtront neuf (09) enfants : six (06) filles et trois (03) garçons. Il fut catéchiste de 1964 à 1966. Recruté dans l’armée togolaise en 1967, Papa Paulin va effectuer un véritable parcours de combattant pour finir au grade le plus élevé des officiers subalternes : capitaine. Affecté au camp-Landja après sa formation militaire, il s’établira à Kara, jusqu’à sa retraite en l’an 2000. Homme lige de la République togolaise, Véritable Sneiper du Régiment parachutiste commando, Stratège avisé,  « ce fauve qui le lèvera ? » Yuguli t[t‹le, k‹l‹K kétaayoli, Yolim kili k‹s{{t‹, kékp[zéK n[ cakpa‹na y{{ cadya, T{{y‹ k‹l[, m‹z‹ ( Les belles filles acclament et louent le défunt suivi du refrain de pasa [s{ Voo [s{taa) Nous n’avons pas la prétention d’étaler ici la carrière de papa, ce que va mieux faire ses frères d’armes. Au régiment on l’appelait : Lalawélé, TTA ou Règlement à cause de sa rigueur sur le règlement militaire. Il ne tolérait aucun écart de comportement antisocial ou militaire.

Les événements des 5 et 6 janvier 1994, sont restés dans la mémoire collective des togolais. « BELEI, situation » dit le Général Eyadéma de vénéré mémoire. Après un succinct compte rendu avec proposition de solution, le général sans commentaire, raccrocha le téléphone. Qui es-tu papa, pour qu’un général, chef suprême des armées t’appelle au téléphone et suive ton approche de solution alors que tu n’étais qu’un simple lieutenant ? Si personne ne sait qui tu étais, ce n’est pas le cas des terroristes. Eux savaient que ce jour, ils avaient rencontré les bérets rouges. Leur chemin avait croisé celui du lieutenant BELEI. En stratège fin, tu avais bouclé tous les couloirs, placé tes mitrailleuses, balayant la cote et la route menant au Ghana que tu avais pris soin d’encombrer suffisamment pour empêcher les passages forcés.

Les instructions étaient fermes et chacun savait avec précision le rôle qu’il devait tenir. Tu étais en situation réel de combat et tes hommes avaient tenu leurs postes. Le temps était dur pour les agresseurs, ils avaient tout tenté, mais les hommes du lieutenant BELEI étaient partout. Malgré leur supériorité numérique, qualitative en arsenal de guerre et de position, Dieu veillait sur toi et tes hommes. Vous étiez pris en étau et ça tirait du Togo, ça tirait aussi du Ghana.

Le renfort sollicité était arrivé à temps pour éviter un assaut qui aurait été fatal, et irréversible. Toi et tes hommes, vous veniez de régler définitivement le problème des agressions extérieures. Te voilà, passant en revue le détachement, pour recevoir les honneurs militaires. A la fin du passage, tonnerre d’applaudissement ! Oui ce jour, sans hypocrisie tes hommes te rendaient hommage du plus profond de leur cœur, car ils savaient désormais l’importance des valeurs que tu leur inculquais. Ils réalisaient à présent que s’engager dans l’armée n’était pas un jeu, il ne s’agissait pas d’un simple gagne-pain mais un sacrifice de soi, pour soi-même et pour la nation. Les commandos devant lesquels tu passes en revue t’acclament et te remercient de leur avoir sauvé la vie. L’armée, suite à ce combat t’a décerné la croix de la vaillance en reconnaissance de la bravoure dont tu as fait preuve.

Mais auparavant, tu avais déjà reçu en 1983, la médaille du mérite militaire. Aujourd’hui, nous tes enfants, tes parents, tes frères d’arme, tes frères en Christ et l’assemblée toute entière te rendons un hommage solennel pour tous ces services rendus à la nation togolaise. Papa, tu t’en va, mais tu nous as laissé un héritage dont la valeur est incommensurable. Tu nous as montré le chemin de Dieu et cela nous suffit. Ta foi t’a amené à prendre des positions radicales devant des situations où tu as choisi le Christ face à la famille ou à la communauté.

En matière musicale, tu as été le premier à adapter les rythmes traditionnelles aux chants religieux kabiyè en procédant à un classement par série : série A akpadiya soo, série B : Kam‹‹, série C : [zakpaa soo, série E : koKdona soo etc. Tu t’en va laissant derrière toi les portes de ton jardin entrouvertes. Mais dans la lueur crépusculaire, nous percevons l’ange du Seigneur placé à l’entrée pour empêcher que les sangliers sauvages ou les chèvres domestiques ne viennent dévaster ou brouter les semences de ton verger. Puisse le Seigneur t’ouvrir les portes de son royaume auquel tu étais tant attaché? Que sa miséricorde t’inonde et que le précieux sang de Jésus efface tous tes péchés. Une fois au ciel, prie pour nous et déploie ton parapluie paternel afin de nous protéger contre les pièges du malin. Vas ! vas ! vas ! et repose en paix papa Paulin.

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