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QUAND LE PORC DU VOISIN COÛTE LA PRISON

QUAND LE PORC DU VOISIN COÛTE LA PRISON
Publié le : 24/05/2019 commentaire(s) (0)

Il croyait être malin mais il y avait plus malin que lui. En soustrayant frauduleusement un porc pour organiser un festin, il croyait pouvoir dribler son voisin qui en est le propriétaire légitime. Mais il s’était lourdement trompé tout comme sa famille qui comptait sur la sagesse et la clémence du juge. Ce dernier a préféré offrir à l’intéressé un séjour carcéral de trois mois sans sursis.

Il y a déjà deux mois, en effet, que notre compatriote séjourne à la prison civile de Lomé. Kpèlèbè, comme on l’appelle, est reconnu coupable d’avoir, de tout temps non couvert par la prescription, « volé » le porc de son voisin qu’il a fait tuer, préparer pour offrir un festin à ses convives.

Après trente ans de carrière dans l’administration publique, Kpèlèbè est admis à faire valoir ses droits à la retraite. La décision le mettant à la retraite lui a avait été notifiée le 15 octobre 20015 et le début de jouissance était programmé pour le 15 novembre 2015 pour trois mois plus tard.

Comme il est de coutume, Kpèlèbè eut droit à une réception de la part de sa direction. La fête avait été organisée par le service et elle avait eu lieu dans les locaux de l’institution. Aucun membre de sa famille n’y était. Kpèlèbè était, certes, satisfait mais il avait quand même regretté l’absence des siens. Aussi, avait-il décidé d’organiser un autre festin au profit de sa famille et de ses amis.

Malheureusement, ses ressources se révélaient insuffisantes. Alors, il crut bon de se « débrouiller » avec le porc de son voisin. Il ne savait pas que ce dernier suivait de près ses navettes autour de la porcherie. Bien que Madjékpéto soit une localité éloignée d’Agoè, beaucoup de ses zones sont éclairées. Une ampoule publique située à quelques mètres des lieux éclaire les maisons des deux voisins et notamment la porcherie. C’est cette ampoule qui a permis de suivre les actes du sieur Kpèlèbè depuis son introduction dans la porcherie et tout ce qui s’en est suivi.

Devant le juge, Kpèlèbè a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a même présenté ses excuses à son voisin, à son épouse et à toute sa famille. Bien qu’ayant imploré la clémence et l’indulgence du juge, avec la promesse ferme de ne plus recommencer, ce dernier n’a pas eu pitié de lui. Il lui a infligé trois mois de prison tout en espérant qu’il y recevra une leçon de bon père de famille. Comme quoi, le porc du voisin, ça coûte cher.

B. TALOM

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