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Les familles des victimes de Cabinda et de Lungi laissées à leur triste sort: Qui bloque au juste ces dossiers hautement sensibles et pourquoi?

Les familles des victimes de Cabinda et de Lungi laissées à leur triste sort: Qui bloque au juste ces dossiers hautement sensibles et pourquoi?
Publié le : 09/01/2020 commentaire(s) (0)

Le  08 Janvier 2010, le convoi de l’équipe nationale de football du Togo, Les Eperviers, en route pour la phase finale de la CAN 2010 en Angola, a été mitraillé par des individus armés présentés comme étant des rebelles cabindais. Le triste bilan faisait état de deux (2) morts et de plusieurs blessés. Depuis 10 ans, les familles des victimes et certaines victimes attendent d’être dédommagées. Tout  comme les familles des victimes de Lungi depuis 13 ans. Qui est-ce qui bloque au juste ces dossiers ?

Tout  le Togo s’est souvenu hier mercredi des 10 ans de l’attaque meurtrière de Cabinda qui a coûté la vie au coach-adjoint des Eperviers, AmélétéAbalo, et au responsable de communication de la Fédération togolaise de football (FTF), le confrère Stan O’Cloo. Alors que la délégation togolaise se rendait à Cabinda (Angola) pour la CAN 2010, son bus a été attaqué par des tirs nourris dans l’enclave de Cabinda par des rebelles angolais du Front de Libération de l’Enclave de Cabinda (FLEC). Le gardien de buts des Eperviers, Obilale Kodjovi, atteint au dos, avait été évacué en Afrique du Sud pour des soins. Quoique rétabli, il est frappé d’un handicap moteur à vie. L’homme est condamné à se déplacer à l’aide des béquilles.

Un triste événement qui reste gravé dans la mémoire collective des Togolais comme un sparadrap indécrottable.
Les familles des victimes toujours sous le choc 10 ans après,  attendent depuis, la suite judiciaire à  ce dossier pour le moins, criminel. Dans  un communiqué, elles lancent un appel pathétique pour un dénouement rapide de ce dossier : « Du fond du cœur, nous lançons un SOS à toutes les bonnes volontés qui voudraient nous apporter une quelconque assistance afin de dépoussiérer ce dramatique dossier Cabinda… Que les cœurs en pierre de ceux qui ont en mains et traitent cette dramatique affaire, soient adoucis pour qu’enfin, ce dossier qui a du plomb dans  l’aile, depuis 10 ans connaisse une certaine évolution sur le plan juridique «, précise le communiqué.            

Trois ans avant cet acte criminel, un drame, non moins criminel, s’était produit sur le tarmac de Lungi en Sierra Leone au cours duquel 13 Togolais avaient trouvé la mort. En effet, le 3 juin 2007, l’hélicoptère qui ramenait à l’aéroport de Freetown le ministre des Sports du Togo, Richard Attipoé, des responsables de la Fédération togolaise de football et des supporters, s’était écrasé à l’atterrissage, faisant au total 22 morts.
           
L’hélicoptère MI-8 de fabrication russe, qui effectuait la liaison entre la capitale sierra-léonaise et l’aéroport international de Lungi, avait pris feu alors qu’il s’apprêtait à atterrir.
           

Au total, 22 personnes dont 13 Togolais, avaient été tuées alors qu’ils étaient venus soutenir l’équipe nationale jouant contre la Sierra Leone dans le cadre des qualifications à la Coupe d’Afrique des nations 2008 (CAN-2008).
           

De ce côté également, le dossier traîne. Les familles des victimes ne savent plus à quel saint se vouer. Tout se passe comme si une main invisible, pour des raisons inavouées, mais faciles à imaginer, gèle le dossier dont les responsables en charge se murent dans un mutisme assassin. Si on considère que les disparus, pour la plupart, sont des responsables de familles avec des enfants et parents en charge, et aujourd’hui totalement laissés pour compte, on peut comprendre le désir ardent des familles des victimes de voir ce dossier réglé le plus vite possible.
           

Il est pour le moins étonnant que la justice traîne sur des dossiers du genre qui sont d’une urgence extrême au regard de leur caractère éminemment social. Si en attendant la suite judiciaire à ces dossiers, les pouvoirs publics font un geste à l’endroit de ces familles, c’est toute la famille sportive et au-delà, toute  la nation qui leur  seront reconnaissantes. Cela aura également le mérite de motiver les sportifs togolais à faire davantage preuve de persévérance, tout simplement rassurés que leur famille ne sera jamais laissée pour compte au cas où un malheur leur arriverait sur « le champ de bataille ». Pour l’heure, la question se pose de savoir qui bloque les dossiers du crash de Lungi et de la fusillade de Cabinda.
 

Ricardo

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