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Le président Alpha condé, figure emblématique de l’opposition africaine renversé pour mauvaise gouvernance : Une grosse déception pour ses disciples togolais

Le président Alpha condé, figure emblématique de l’opposition africaine renversé pour mauvaise gouvernance : Une grosse déception pour ses disciples togolais
Publié le : 10/09/2021 commentaire(s) (0)

05 septembre 2021, un dimanche noir pour le président Guinéen Alpha Condé et de toute l’opposition africaine. Élu président de la République guinéenne en 2010, le symbole de l’opposant africain, le Professeur Alpha Condé a fini ainsi son règne dans les bras des putschistes. Il n’a fallu que quelques heures à ces derniers pour faire tomber (sans une goutte de sang) l’homme qui régnait depuis dix  ans sur la Guinée. Après une matinée confuse, durant laquelle les militaires arpentaient les rues de Conakry au son des tirs d’armes automatiques, le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, a annoncé avoir capturé le président Alpha Condé.            

Le chouchou des panafricanistes  et modèle des leaders des opposants africains, le professeur Alpha Condé qui a  mené longtemps la vie dure au président Lansana Conté qu’il accusait de mauvaise gestion des ressources nationales, a contre toute attente appauvri d’avantage le Guinéen. De Lansana Conté à Dadis Camara, l’opposant Alpha Condé s’était montré très critique contre la politique socio-economique mise en place en faisant des promesses mirobolantes a la population. Ce qui lui a fallu le fauteuil présidentiel en 2010.  Malheureusement le supposé» Messie» des Guinéens a plutôt tourné dos à ces derniers suscitant des soulèvements violement réprimés jusqu’au petit matin du dimanche 5 septembre 2021où il sera capturé par les éléments du Comité national du rassemblement et du développement (CNRD).
           

«Nous apportons un coup de main au peuple de Guinée pour qu’il puisse prendre son destin en main. Ensemble, nous allons nous concerter pour qu’on puisse aller en avant», a déclaré M. Doumbouya, avant de promettre d’engager «une concertation nationale pour ouvrir une transition inclusive et apaisée.

En effet, le bilan du professeur en matière économique est totalement catastrophique, au point qu’en 2019, le Fonds monétaire international a estimé que le pays est un modèle de «croissance sans développement».

En clair, l’argent gagné -notamment- grâce aux réserves de bauxite ne profite pas à la population. Une critique que le président guinéen apprécie peu. C’est donc cette atmosphère morose née de la mauvaise gouvernance du président Condé qui a poussé le col. Doumbouya et ses hommes à poser cet acte anti-démocratique. Dans une vidéo, béret rouge sur la tête et lunette de soleil sur le nez, entouré de deux militaires, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya annonce que « la situation socio-politique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens, la gabegie financière […] ont amené l’armée républicaine à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple de Guinée. »

Et pourtant le désormais ex président guinéen Condé qui était l’incarnation de l’opposante politique africaine victime des pouvoirs, avait déclaré le 21 décembre 2010: «Je serai le Mandela de la Guinée ». C’est-à-dire engagé non seulement  pour la justice sociale mais aussi poour le respect de la constitution et même pour faire moins de mandat préconisé par la loi. Mais quelle n’a pas été la déception des africains en général et le peuple guinéen en particulier.

Cet échec du supposé «Mandela de l’Afrique de l’ouest» est vu par certains politologues comme celui de tous ses disciples leaders de l’opposition du continent en face des  dirigeants démocratiquement élu.  Une situation qui fait perdre aux opposants radicaux leur latin et dévoiler les réelles intentions de ces démagogues qui manipulent les peuples au profit de leurs intérêts personnels et claniques. Le silence de M. Salifou Atchadam du PNP et surtout de la coordinatrice générale de la Dynamique Mgr Kpodzro, Mme Adjamagbo-Johnson qui adoubait Condé dans sa prise de pouvoir malgré que celle-ci était sérieusement contestée, en dit davantage. Pour Alain Foka , journaliste à France 24 : « Alpha Condé est l’exemple parfait de l’échec de l’intellectualisme  Africain» L’opposant togolais Me Paul Dodji APEVON, a de son côté exprimé son profond regret pour la pire gouvernance de leur porte flambeau, « Il est désolant que des dirigeants, qui ont accédé au pouvoir après avoir subi les affres de la dictature et qui devraient saisir l’opportunité de leur mandat pour ancrer leur pays dans la démocratie et fortifier les institutions, deviennent pires que les dictateurs qu’ils avaient farouchement combattus », a déploré le président des FDR.
           

A en croire le président du parti ADDI, le Prof. Aimé GOGUE, M. Alpha Condé qui devrait être un tremplin pour les différents leaders de  l’opposition en Afrique francophone a déçu plus d’un. « Il avait donc déçu beaucoup non seulement les Guinéens mais aussi beaucoup d’Africains»
           

«Beaucoup d’Africains avaient espoir que le Prof. Condé en accédant au pouvoir fera avancer la démocratie non seulement en Guinée mais aussi en Afrique francophone notamment, en raison de la lutte qu’il avait menée en tant qu’étudiant, président de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) et enfin leader de l’opposition en Guinée. Son élection au premier mandat a été un peu forcée ».

Si Condé malgré plus de deux mandat meublés de promesses de l’instauration de la démocratie, de l’État de droit et le développement, la gouvernance de l’opposant africain s’est révélée plus mauvaise que celle de ses prédécesseurs, ce n’est pas ses disciples qui dressent aujourd’hui des citoyens contre leurs dirigeants qui feront le miracle. Une fois encore la prise de conscience des populations est interpellée pour résister à ces vendeurs d’illusions.
 

Daniel A.

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