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Le ministère de l’Agriculture, de la Production Animale et Halieutique pour la réalisation du PND : Noël Koutera Bataka, la différence ! - Initiatives innovantes; - Equation de la NSCT; - Défis à relever

Le ministère de l’Agriculture, de la Production Animale et Halieutique pour la réalisation du PND : Noël Koutera Bataka, la différence ! - Initiatives innovantes; - Equation de la NSCT; - Défis à relever
Publié le : 02/07/2020 commentaire(s) (0)

Le secteur de l’agriculture se porte-t-il mieux au Togo ? La question mérite d’être posée au regard du poids de ce secteur dans l’économie national. L’agriculture qui représente 40% du PIB et emploie 65% de la population active pour une superficie cultivable évaluée à 3,6 millions d’hectares, soit 60% de la superficie globale du pays, dont 41% sont emblavés (1,4 millions d’hectares),  peut être valablement désignée comme l’un des poumons de l’économie nationale. Le gouvernement togolais ne lésine pas sur les moyens pour rendre ce secteur plus compétitif, à travers des projets et programmes d’envergure sous la conduite d’un jeune ministre qui n’hésite pas à y introduire des projets innovants. Les résultats sur le terrain parlent en sa faveur. Cependant de grands défis restent à relever pour que l’agriculture participe d’avantage à l’économie nationale.            

Il fait clairement partie des rares jeunes sur lesquels le Président de la République a placé sa confiance, en le nommant à un ministère clé dans le gouvernement KLASSOU II. Noël BATAKA, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est plutôt retourné dans un ministère dont il connait bien les méandres pour avoir occupé le poste de secrétaire général mais débarqué entre temps, justement pour un débordement d’énergie et de prise d’initiatives en vue la modernisation de l’agriculture togolaise.

C’est donc un homme qui maîtrise tous les arcanes du ministère qui a été nommé pour poursuivre les travaux de modernisation de l’agriculture togolaise. Très à l’aise dans son domaine avec un sens d’organisation et d’anticipation, le ministre BATAKA, revient transformé par son départ du secrétariat et son action tranche radicalement avec ses prédécesseurs. Très actif, il insuffle une dynamique sur le terrain et sa seule présence rassure les acteurs du secteur.
 

Quelques actions phares du ministère de l’agriculture sous BATAKA
 
Depuis son arrivée à la tête de ce département, plusieurs projets en attente, depuis des années, sont mis en route et d’autres initiés pour développer des chaines de valeurs autour des différentes filières agricoles. Les actions à mettre à l’actif de l’ingénieur ministre sont entre autres : la mise en place d’une chaîne de valeur efficace (de la production à la transformation), afin de booster le secteur agricole ; la mise à disposition par l’institut togolais de recherche agronomique (ITRA) des agrégateurs, éleveurs, pisciculteurs, des matériels génétiques améliorés, des technologies très recherchées, pour aider ces derniers à améliorer leurs rendements et l’amélioration des politiques publiques agricoles qui auront des impacts significatifs sur l’accès des biens et services pour les agriculteurs qui pourront améliorer leur productivité et par ricochet, leurs revenus et conditions de vie.            

L’accroissement du revenu des exploitants agricoles et l’amélioration de façon durable des conditions de vie des ruraux, particulièrement les plus pauvres, est au centre des préoccupations du ministère. Le Projet d’appui au secteur agricole (PASA), un projet phare du Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA) mis en œuvre depuis décembre 2011, a contribué à la modernisation de l’agriculture togolaise.  Il a également permis de réhabiliter et de renforcer les capacités productives des bénéficiaires ciblés dans les domaines sélectionnés. Relooké, il a favorisé la création d’un environnement institutionnel propice au développement du secteur agricole.
           

Pour répondre aux objectifs du PND en lien avec la vision stratégique du gouvernement une task-force la filière coton est mise en place pour un rendement de 150.000 tonnes pour la campagne 2020-2021 sur une superficie minimale de 190 000 hectares ;  le lancement de #SimulAgri Togo, un 2ème produit de l’opération téléfood. Cette application mobile est conçue pour amener les producteurs à apprendre à mieux produire en jouant sur leur smartphone. L’application qui permet de développer son exploitation sur 10 ans concerne pour le moment les filières riz, cacao et maraîchage. On note également la promotion de la consommation des produits locaux conformément à la mise en œuvre  du Plan National de Développement (PND) 2018-2022 qui vise entre autres le rééquilibrage de la balance commerciale et la garantie d’une sécurité alimentaire et nutritionnelle. 
           

L’introduction des semences améliorées dans le secteur de l’anacarde qui a entraîné une augmentation de la production. De 2019 à 2020, le volume de noix de cajou destiné à la commercialisation est passé de 22.000 à 25.000 tonnes, soit une progression d’environ 14%. L’introduction des semences améliorées a augmenté la production du point de vue de la qualité et de la quantité. Comme conséquence, quatre (04) usines de transformation bénéficient des appuis du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) pour la transformation de 04 à 10.000 tonnes de noix. L’anacarde est l’une des cultures de rente les plus importantes après le coton, le café et le cacao. Mais, ces dernières années, le tonnage d’exportation a dépassé celui du café et du cacao. La remise de kits de pompes solaires acquis par le PPAAO-Togo pour irriguer leurs parcelles maraîchères, à un groupement de maraîchers regroupés autour de la retenue de Kantini dans le canton de Nambonga. Grace à ce programme, la culture du champignon est également repartie à la hausse.
           

L’entrepreneuriat agricole est inscrit en lettre d’or dans l’agenda du ministre. En synergie avec d’autres initiatives, des jeunes qui ont bénéficié du financement de 69 plans d’affaires ont été financés cette année, grâce au Projet national de promotion de l’entrepreneuriat rural (PNPER) avec le soutien du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) pour un montant total de 311 millions de FCFA. L’objectif du projet étant de « transformer de façon  progressive et durable l’économie rurale togolaise à travers l’appui et la promotion des micros et petites entreprise rurales. Aussi est-elle privilégiée la formation de plus de 15 000 jeunes producteurs à l’Agrobusiness dénommée « Camp du futur Togo 2020 ». Cette formation en entrepreneuriat agricole de jeunes hommes et femmes agripreneurs a permis de doter les participants d’outils modernes de gestion pour une meilleure gouvernance à leurs entreprises agricoles.
 

« Plan de Riposte Agricole Covid-19 »
 
La pandémie à coronavirus risque de porter un coup dur à tous les niveaux du secteur agricole cette année. Mais le gouvernement anticipe avec le « Plan de Riposte Agricole Covid-19 », lancé fin avril 2020, qui vise à « consolider la sécurité alimentaire et nutritionnelle et améliorer le revenu et les conditions de vie des producteurs agricoles», sous la coordination du MIFA. Ce mécanisme porté par le ministère en charge de l’agriculture, se décline en 03 principaux axes : un appui en matériels et kits d’irrigation, la promotion des entreprises de placement de main d’œuvre, et l’octroi de crédits d’intrants à taux bonifiés.            

Ce mécanisme est initié à travers les agrégateurs en fonds de soutien solidaires aux paysans spécialement 100.000 f CFA pour un Hectare et par producteur sur les spéculations à forte valeur ajoutée comme le riz, le soja, le coton et le maïs. Les agrégateurs qui sont appelés à les enregistrer et à fournir la base au ministère, constituent une caution pour le payement des produits et la restitution des fonds. L’on se demande, combien de paysans peuvent bénéficier de ce mécanisme ?
L’action est à saluer cependant, il urge de créer un fonds de soutien aux entreprises pour la relance des activités et la consommation locale pour réduire la dépendance de l’extérieur, et également donner une assurance dans l’accessibilité des appuis du gouvernement en matériels intrants, tracteurs aux femmes agricultrices des communautés rurales.  

Secteur cotonnier, l’écharde dans les chaussures du ministre.
 
Le secteur cotonnier joue un rôle très stratégique aussi bien économique du politique togolaise. Première culture de rente des exploitations agricoles, le coton s’affirme comme la première culture industrielle du Togo et le 4ème produit d’exportation du pays après le clinker, le ciment et les phosphates. Il est l’un des produits agricoles qui contribue de manière substantielle au PIB, soit à hauteur de 1 à 4,3% selon les années. Selon nos sources, le président de la République attache une importance capitale à ce secteur qui nourrit des milliers de familles togolaises. Cependant, l’arrivée du ministre Bataka ne changera rien. Selon certaines sources, c’est un sujet de préoccupation pour le ministre.            

En effet, depuis quelques années, le secteur cotonnier (allant de la SOTOCO à la NSCT) est devenu une vache à lait pour certains de ses dirigeants véreux qui ne cessent de se servir à volonté au dos des pauvres paysans qui abattent un travail titanesque pour maintenir les objectifs du pays en matière de production. Pour faire court, malgré le gouffre financier créé par ces derniers, le Chef de l’Etat a gracieusement renfloué les caisses de la société pour relancer la production et permettre aux producteurs de jouir de leur travail. Une fois encore, les malversations et les détournements refont surface à travers un système de surfacturations savamment mise en place, l’octroi des marchés gré à gré, etc. Cette fois, le Chef de l’Etat tape du poing sur la table et les auteurs sont arrêtés et sonnés de rembourser les fonds détournés.
           

C’est dans ce bourbier que le ministre Bataka est parachuté. La reprise des actions de l’Etat par la Société OLAM doit être un soulagement pour lui qui remuait ciel et terre pour trouver un antidote à ce secteur vital pour l’économie du pays. Vivement que les clauses du contrat et les avantages égrenés par le ministre de l’Economie et des finances, devant la représentation nationale soient observés pour le développement de la filière.
 

De grands défis à relever
           
Parmi les autres grands défis à relever, l’agriculture au Togo qui souffre essentiellement du déficit de la mécanisation et du dérèglement climatique ; il urge d’agir. Un autre défi très redouté par le monde paysan et qui l’affecte le plus, est l’enclavement qui le coupe de tout approvisionnement en intrants et la vente des produits sur les marchés environnants et l’accès aux marchés extérieurs. Il va falloir poursuivre et intensifier la construction des routes et la réhabilitation des marchés ainsi que l’assouplissement des conditions d’accès aux marchés dans la sous-région.
           

Le gouvernement a procédé à la remise de 72 tracteurs, en faveur du secteur agricole, le 28 Avril 2020 pour non seulement mettre en œuvre la mécanisation agricole mais aussi pour la relance de la campagne agricole en réponse à la riposte contre la Covid-19. Cet effort soulage les paysans mais il faut augmenter la capacité du parc pour permettre à tout le monde d’en profiter.
           

S’agissant du problème d’accès au crédit du secteur agricole, l’existence du MIFA et de l’Agrisef est insuffisante comme mécanisme. La dernière réunion des banques a relevé que seulement 5% de crédit est accordé aux agriculteurs. Un grand défi à relever, si le gouvernement veut véritablement que le secteur agricole participe réellement à l’économie nationale.
           

Avec la pandémie de la maladie à Coronavirus, il est clair que les agriculteurs et producteurs auront encore plus de mal à accéder aux crédits du fait que les banques mêmes ont été touchées par les effets de la Covid-19, d’où l’obligation pour le gouvernement de prendre ses responsabilités pour aider davantage le monde paysan à accéder aux financements.
           

Il est par ailleurs impérieux que tous les acteurs, autorités publiques, ciblent les petits producteurs des zones rurales pour un soutien adéquat. Ceux qui se donnent aussi à l’agriculture familiale ne doivent pas non plus être oubliés.
           

Toutes les initiatives mises en œuvre sont à mettre à l’actif du ministre Bataka, volontariste. Une chose est de les mettre en œuvre et l’autre est de suivre pour faire des résultats positifs et rendre compte non seulement en conseils des ministres mais surtout aux acteurs du secteur engagés avec lui. On ne le dira jamais assez, la question de redevabilité est un maillon important de la gouvernance qu’il faut à chaque fois intégrer à tous les projets.

Le ministère de l’agriculture prend une part considérable dans la réalisation, surtout de l’axe 2 du PND : «  L’agriculture comme socle d’une croissance économique résiliente ». Il se concentre sur l’agriculture et sur les grands secteurs vitaux de l’économie togolaise. D’où la nécessité de maintenir le dynamisme connu depuis un certain temps.
 

Jaurès AKLA & D. Legrand

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