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Le gouvernement exige la mutation des médias togolais en société

Le gouvernement exige la mutation des médias togolais en société
Publié le : 16/04/2021 commentaire(s) (0)

Il y a quelques temps déjà, pour la crédibilité de la presse togolaise, des changements se pointent à l’horizon. Après l’interdiction du communiqué final sur le terrain en décembre 2019, c’est le tour de la mutation des organes de presse en société qu’on impose.            

« N’ayez pas peur d’aller vers une structure sociétaire », ce sont les propos du Prof Akodah Ayewouadan, Ministre de la Communication, des médias, porte-parole du Gouvernement à l’endroit des patrons de presse lors d’une formation les 08 et 09 avril 2021 à Atakpamé.
           

Une situation qui embarrasse les acteurs du domaine qui disposent d’un délai de trois ans pour se conformer, à compter de la date de vote du nouveau code de la presse et de la communication.
           

Les entreprises de presse sont obligées de se transformer en société selon les exigences de loi n°2020-001 du 07 janvier 2020 relative au Code de la presse et la communication en République Togolaise.
           

Au cours de cette rencontre, Prof Akodah a expliqué la nécessité pour les organes de presse au Togo de se muer en entreprise de presse.
           

Selon lui, la mutation d’un organe de presse en société garantit aux journalistes une forme de sécurisation dans divers domaines et en même temps à amener les journalistes à « s’unir » dans le cadre de leur profession.
           

« La transformation des entreprises de presse en société va être beaucoup bénéfique aux acteurs du domaine notamment sur le plan organisationnel et surtout sécuritaire. Si vous avez demandé un service à crédit à votre imprimeur et que vous n’arrivez pas à payer, celui-ci peut saisir tous vos biens si cela peut permettre de régler la dette. Mais lorsque vous basculez en société et que vous créez par exemple une SARL (société à responsabilité limitée) qui est pour moi le modèle le plus séduisant, ce sont les apports que vous avez mis à la disposition de la SARL qui sont exposés. Si vous avez mis 150 000 FCFA dans la SARL, on ne pourra saisir que les 150 000, on ne pourra pas aller saisir votre moto, votre voiture…donc il y a une dimension de sécurisation qui est importante », a expliqué le ministre.
           

Le ministre ajoute qu’il y a une  dimension de sécurisation qui est importante à laquelle on doit rajouter les avantages liés à la protection sociale des employés et les avantages fiscaux quand on évoque l’idée de société de presse. 
           

Le porte- parole du gouvernement conseille d’aller vers un regroupement de plusieurs organes pour mutualiser les énergies et minimiser les coûts. « On a quasiment tout le monde qui a plus ou moins un organe de presse en ligne, une radio, presse écrite. Toutes ces personnes fonctionnent à perte, de façon non efficace c’est-à-dire que s’il y a une manifestation, chaque organe de presse va envoyer quelqu’un pour assurer la couverture. Si ces organes se mettaient ensemble en réunissant leurs moyens, en mutualisant, ils enverraient un seul reporter et le seul article pourrait être exploité sur les trois plateformes », a-t-il déploré.
           

Prof Ayewouadan souligne dans le même ordre d’idées que la mutualisation constitue une force parce qu’elle permet aux professionnels des médias de mettre ensemble les moyens pour obtenir de résultats probants. A cet effet, il pense que c’est d’ailleurs parce que les médias doivent se regrouper qu’il est intéressant d’aller vers une structure sociétaire. La finalité sera de travailler sous contrat et que chaque contractant soit rémunéré en fonction de sa participation à la société. 
           

« Mon vœu le plus ardent reste quand-même un regroupement des acteurs de la presse. Parce qu’aujourd’hui au regard de la situation qui est la nôtre, le secteur n’est pas viable et le challenge c’est de faire de telle sorte que nous tous nous puissions vivre de notre métier », a-t-il conclu. 
           

La démarche, précise le ministre, ne vise pas à museler le secteur. « Il ne s’agit pas, dans notre démarche, d’exclure ; il s’agit plutôt de formaliser. C’est un des éléments de développement d’un pays ; lorsque vous rentrez dans la formalisation, on sait exactement qui est qui et comment vous planifiez le développement », a ajouté Prof Akodah.
           

Pour finir, il a précisé qu’il y a un fonds qui va arriver, qui n’aura pas d’interlocuteur les personnes prises individuellement mais plutôt des structures sociétaires.
 

Carole AGHEY

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