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L’artiste Ali Bawa s’est d’éteint : Le SARIAC salue la mémoire de l’illustre disparu

L’artiste Ali Bawa s’est d’éteint : Le SARIAC salue la mémoire de l’illustre disparu
Publié le : 08/11/2019 commentaire(s) (0)

À peine ont-ils séché leurs larmes suite à disparation de l’emblématique Rocker togolais Jimi Hope que le monde artistique togolais de la chanson vient à nouveau d’être privé de l’un de leur doyen, Ali Bawa.  C’est avec peine, douleur et consternation que le peuple togolais en général et les membres du Syndicat  des Artistes Interprètes Auteurs et Compositeurs du Togo (SARIAC) en particulier ont appris le rappel à Dieu le 16 octobre 2019, de l’artiste Ali Bawa, auteur-compositeur, conteur, poète et interprète très connu dans le milieu de la musique traditionnelle.

Né en 1950 à Bassar, Ali Bawa faisait partie des grands noms qui ont porté au-delà de nos frontières, le nom de notre pays.
En effet, tout comme feus Madame Kpanté et Ouyi Tassane, pour ne citer que ces deux chanteurs emblématiques du terroir bassar, Ali Bawa a longtemps travaillé à la valorisation du patrimoine musical et linguistique bassar, ce qui n’en fait pas moins un chanteur dans la pure tradition culturelle togolaise. Avec la guitare acoustique, son instrument de prédilection; il faisait valoir les rythmes purement bassar dans sa langue N‘cam,  Lawa, Abal, N’djeme, Kourgnima, Kontché, Kibéwou etc.

Le répertoire laissé est fort dense et varié avec des morceaux encore inédits, tels que  Bana n’kpine, Yansama/nawoela, ababa, Ki Man Wo a longtemps égayé les Togolais.
Pour Ali Bawa, faire de la musique et chanter, c’est valoriser son terroir, et surtout éviter de copier platement la musique des autres. Toute sa force et son originalité se trouvaient dans ce défi  brillamment relevé. On retient de ce chanteur au grand cœur, son sens de l’autre, sa vision et son combat pour un mieux-être des artistes togolais.

La preuve en est qu’il a été de toutes les initiatives de regroupement des musiciens togolais, du Bureau Togolais des Droits d‘Auteurs (BUTODRA), l’Union Nationale des Artistes et Musiciens du Togo (UNAM) au Syndicat  des Artistes Interprètes Auteurs et Compositeurs du Togo (SARIAC).

Employé à la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale CNSS jusqu’à sa retraite le digne fils du pays Bassar a su concilier son art et sa fonction. Soucieux de transmettre son savoir-faire, de partager sa longue expérience, il initia une école de musique au quartier Agoé, Lomé, afin de former et d’aider les nouvelles générations. Dans cette visée, il initia entre autres projets artistiques, le festival de la musique traditionnelle en pays Bassar. Parmi ses nombreux prix remportés on note : 1er prix du festival de la chanson populaire en 1974 à Lomé avec son titre YANSANGNA.

Le trophée traditionnel pour la 1ère édition des Awards au Togo avec son album New Africa en 2000 ; Trophée de l’indépendance du Togo en 2007 option traditionnelle et le Trophée Fiozikpé en 2018 au Grand Rex de Lomé, organisé par la fondation King Mensah.
Ses collègues du monde de la musique et du spectacle évoquent le talent, le professionnalisme et surtout la gentillesse de Bawa, digne disciple et ami d’Ouyi de 4 ans son ainé qui, avec complicité et amour l’amena dans le monde de la musique en lui enseignant la guitare dont il ne se sépara plus. Le destin a voulu que le cadet fît son devoir en enterrant, il y a 5 ans, son frère avant de s’en aller lui-même. Triste sort d’un troubadour dont la musique s’achève sur une symphonie inachevée.

Fort de tout ce qui précède les membres du SARIAC saluent la mémoire de l’illustre disparu à 69 ans suite à une maladie qui l’a sevré de scène depuis plus d’un an. « Grand frère et compagnon de tous les instants, nous saluons ton inestimable contribution à la musique togolaise, ton combat, ton sens de la préservation et de la valorisation de nos richesses culturelles et ton humanisme.

Que la terre te soit légère ! » A déclaré la présidente du SARIAC Laurence Montcho. « Un grand homme ne meurt jamais, il vit à travers ses œuvres » dit-on souvent, Ali Bawa  vit dans le cœur des Togolais par ses œuvres. La rédaction présente ses condoléances à la famille du défunt.


Daniel A.

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