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Enfin un bureau de signalement des abus sexuels au sein de l’Eglise Catholique dans le diocèse de Lomé

Enfin un bureau de signalement des abus sexuels au sein de l’Eglise Catholique dans le diocèse de Lomé
Publié le : 13/03/2020 commentaire(s) (0)

La mise sur pied d’un bureau de dénonciation des abus sexuels surtout sur les mineurs au sein de l’Eglise catholique au Togo est l’une des plus grandes informations issues de la 123è session ordinaire  de la Conférence des Evêques du Togo  (CET) tenue du 03 au 06 mars derniers à Lomé. Répondant à la demande du Pape François dans son Motu Proprio « Vos estis lux mundi » d’instaurer des Bureaux  de signalement des abus sexuels sur les mineurs, les évêques du Togo viennent de remettre à la Nonciature Apostolique la liste des membres du bureau du diocèse de Lomé.             

Au Togo, Lomé est le premier diocèse  à créer ce bureau de signalement des abus sexuels sur mineurs et personnes vulnérables dans l’Église. Selon le Pape, pour que ces phénomènes ne se reproduisent plus, il faut une conversion continue et profonde des cœurs, attestée par des actions concrètes et efficaces qui impliquent chacun dans l’Eglise, si bien que la sainteté personnelle et l’engagement moral puissent contribuer à promouvoir la pleine crédibilité de l’annonce évangélique et l’efficacité de la mission de l’Eglise.
           

Alors qu’il était encore évêque d’Atakpamé, Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan, actuel archevêque de Lomé, avait annoncé, dans une interview accordée à La Croix Africa début octobre, la création de bureaux de signalement dans tous les diocèses du pays avant mai 2020. Dans son Motu Proprio «Vos estis lux mundi» (Vous êtes la lumière du monde) publié le 7 mai 2019, le pape François avait recommandé la création de ces structures chargées de répertorier et traiter les affaires d’abus sexuels dans l’Église. En réaction, la Conférence épiscopale togolaise avait annoncé dès sa session de juin, la création d’un bureau de signalement dans les diocèses. En octobre, elle avait travaillé sur la constitution de telles structures, notamment sur leurs modalités de création.
           

Dans son préambule, le décret du diocèse de Lomé rappelle, en citant le pape, que « les crimes d’abus sexuels offensent Notre Seigneur, causent des dommages physiques, psychologiques et spirituels aux victimes et portent atteinte à la communauté des fidèles ».
           

Selon l’article 1 de ce décret, « le bureau de signalement des abus sexuels est ouvert à tout fidèle laïc et est chargé de recueillir toutes les informations concernant les abus sexuels commis par des prêtres, diacres ou personnes consacrées ». Les abus sexuels y sont définis comme « tous les actes sexuels perpétrés par contrainte, violence, menace ou abus d’autorité de même que les actes sexuels commis avec un mineur ou une personne vulnérable ». Le décret précise en outre que les abus sexuels concernent aussi la production, la détention, la distribution de tout matériel pornographique réalisé sur des mineurs ou encore le fait d’inciter un mineur ou une personne vulnérable à participer à des exhibitions pornographiques
           

Le bureau de signalement des abus sexuels du diocèse de Lomé est composé de cinq membres    : les pères Bertin Agbobly-Atayi et Laurent Kpogo, vicaires généraux du diocèse de Lomé, le père Donatien Atitsè, membre de la congrégation des missionnaires Comboniens de Jésus, le père Thierry Guefly, prêtre du diocèse de Lomé et sœur Aurélie d’Almeida, religieuse franciscaine. Cet organe est rattaché au vicariat général chargé du clergé et est situé dans les locaux de la curie épiscopale, au Centre Christ Rédempteur de Lomé. Le signalement peut se faire de plusieurs manières. Aussi, toute personne souhaitant signaler un abus est-elle invitée «     à se rendre au bureau de signalement pour prendre rendez-vous ; appeler directement l’un des membres du bureau   ; demander rendez-vous chez l’évêque ou saisir par courrier confidentiel le bureau en indiquant l’adresse ou le numéro sur lequel elle peut être contactée ».


Le décret prévoit des modalités pour assurer la discrétion et la confidentialité à toute personne qui signalerait un abus sexuel. « Toute personne qui fait un signalement d’abus sexuel sera traitée avec discrétion et les informations recueillies seront confidentielles », précise-t-il. Ces informations seront aussitôt transmises à l’évêque à qui il appartient de prendre les dispositions prévues par le Motu Proprio «Vous êtes la lumière du monde». Les autres bureaux des autres diocèses sont attendus dans les prochains jours.
 

Daniel A

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