Newsletter

Elections municipales du 30 juin sans incident: Le parti UNIR en passe de s’adjuger plusieurs communes L’opposition dans sa division a sombré et crie à la fraude Faible taux de participation dans les fiefs de l’opposition

Elections municipales du 30 juin sans incident: Le parti UNIR en passe de s’adjuger plusieurs communes L’opposition dans sa division a sombré et crie à la fraude Faible taux de participation dans les fiefs de l’opposition
Publié le : 05/07/2019 commentaire(s) (0)

Les Togolais se sont rendus aux urnes le dimanche 30 juin pour élire les conseillers municipaux. Le vote s’est globalement bien déroulé et les Togolais attendent impatiemment les résultats officiels de la Commission Electorale Nationale Indépendante qui est à pied d’œuvre pour publier les résultats provisoires des différentes listes en compétition. Si à UNIR les responsables du parti jubilent face aux résultats en leur possession, les leaders de l’opposition sont à la recherche des poux sur le crâne rasé du scrutin. En effet l’opposition qui avait royalement boycotté les élections législatives, s’est lancée finalement dans les élections locales. Mais seulement ses leaders ont ignoré d’expliquer à leurs militants, les raisons objectives qui les poussent aujourd’hui à se mettre en ordre de bataille pour ce scrutin.            

Lors de la campagne électorale l’opposition avait de la peine à mobiliser ses partisans. Ses caravanes étaient squelettiques. Leurs meetings étaient sans grand monde, ce qui laissait présager déjà un résultat catastrophique. Justement l’on tend vers ce résultat au vu des chiffres qui circulent sur les réseaux sociaux. Au lieu de reconnaître ses erreurs, cette opposition fait encore recours à sa méthode habituelle. « On nous a volés, on a bourré les urnes ! » toujours les mêmes chansons qui commencent par lasser ses propres militants. Et pourtant ils sont conscients des vraies raisons qui ont joué en leur défaveur.
 

Les raisons de l’échec de l’opposition
 
Les militants de l’opposition ont tellement cru en leurs leaders après les évènements du 19 août 2017. Ils croyaient que ces derniers pouvaient déloger le président Faure Gnassingbé de la présidence et prendre le pouvoir comme ce fut le cas au Burkina-Faso. Pour galvaniser leurs militants à sortir massivement dans la rue, ces leaders de l’opposition n’hésitaient pas de leur faire croire qu’ils avaient les moyens pour en découdre avec le régime en place. Que ce soit Tikpi Atchadam, Jean-Pierre Fabre, Mme Adjamagbo Johnson, Me Yawovi Agboyibo, Me Apévon Dodji etc. le slogan était : « Faure doit partir » et ils les rassuraient qu’ils avaient les moyens pour aboutir à leurs objectifs. Et les militants attendaient la réalisation de leurs promesses, mais en vain. Non seulement Faure Gnassingbé demeure président des Togolais mais aussi, leur coalition notamment la fameuse C14 part en lambeaux sans aucun résultat à son actif. Justement c’est dans ces conditions que ces leaders les appellent cette fois-ci à aller voter leur liste.

Le comble c’est que certains militants se demandent qu’est-ce qui a changé depuis le 20 décembre où ces mêmes leaders les avaient invités à boycotter le recensement et les élections législatives. Rien ! Roméo da Silveira, militant de l’ANC et résident à Kodjoviakopé est très amère contre Jean-Pierre Fabre et les autres leaders. « Comme nos responsables nous avaient dit de boycotter le scrutin du 20 décembre, je n’ai pas répondu à leur appel d’aller me faire enrôler pour voter lors des élections locales. Je ne comprends pas pourquoi je dois aller voter cette fois-ci alors qu’ils nous avaient promis non pas une élection mais plutôt le départ du Président Faure Gnassingbé. Pourquoi vais-je perdre mon temps pour aller voter alors que j’ai perdu non seulement mon temps mais également mon énergie pour répondre présent à toutes les marches ? », fulminait ce militant qui affirme avoir participé à toutes les marches de l’opposition. Cette déception s’est traduite le 30 juin, jour du vote.

Dans les fiefs de l’opposition le taux de participation a été très bas. Par exemple dans le Golfe 2 sur 82.726 personnes inscrites 19441 seulement ont voté soit 23,50% de taux de participation et pourtant cette zone est réputée favorable à l’opposition. Or au même moment dans les zones acquises à la mouvance présidentielle le taux de participation frôle parfois les 98%. Par exemple dans la commune de Keran 2, l’on note 18830 inscrits et 17515 votants soit 93,01% de taux de participation. Ces exemples montrent à suffisance que le parti au pouvoir qui n’a pas habitué ces militants au boycott a pu les mobiliser pour aller massivement voter ses listes tandis que l’opposition a eu du mal à mobiliser ses militants pour se rendre aux urnes puisqu’ils sont habitués au boycott.            

Au lieu de passer leur temps à ameuter le monde entier pour soi-disant dénoncer des bourrages d’urne, les responsables de l’opposition doivent faire une analyse approfondie de leur débâcle électorale et réfléchir à une bonne stratégie de remobilisation de leurs militants qui sont totalement désemparés ou démotivés et qui optent pour un boycott actif des électeurs.      

L’éclatement de la C14 a également eu un impact majeur sur l’électorat de l’opposition. L’ANC qui croyait s’imposer seule auprès des militants de l’opposition a été surprise dans certaines localités par des listes indépendantes. Dans les Lacs, la liste indépendante « Gbnenodou » est en tête dans certaines communes. Et pourtant cette localité est réputé proche de l’ANC. Dans le Golfe 2, suite à l’invalidation de la liste ANC, ce parti a préféré soutenir la liste indépendante « La Voix des sans Voix » en lieu et place de son allié d’hier la C14. Au décompte final dans cette commune, le parti UNIR est en tête suivi de la C14 et « La Voix des sans Voix » vient en troisième position. La question que se posent certains militants de l’opposition est de savoir si finalement l’ANC et la C14 peuvent-elles accepter de coaliser leurs conseillers pour prendre certaines mairies ?            

Dans le Yoto, la forteresse du CAR de Me Yawovi Agboyibo a été mise en difficulté par UNIR. Selon nos sources sur trois communes qui composent la préfecture, UNIR est en tête dans deux communes et le CAR une seule. Pour l’heure le parti UNIR et ses alliés sont en bonne position dans plusieurs communes à Lomé comme à l’intérieur du pays, tandis que l’opposition au lieu de reconnaitre sa défaite crie à la fraude qui n’existe pas, sinon dans son imagination.
Tout porte à croire que la CENI donnera dans les prochains jours les résultats provisoires et permettre aux contestataires de déposer leur recours auprès de la Cour Suprême.  

Aliziou Dominique
  

Commentaire(s) (0)

Envoyez un commentaire
noms email message